• Chapitre 1: Une tristesse bien gardée

     - Intrigue de début d'épisode -

    Dorémi est en train de marcher sur le chemin de sa nouvelle école, tête baissée et triste. Elle s'arrête et soupire.

    Dorémi: "Je suis vraiment la petite fille la plus malheureuse du monde!!!"

     

    - Générique -

     

     La journée est terminée et Dorémi rentre chez elle en passant par le même chemin qu'elle a pris le matin. Elle marche exactement comme ce matin, tête baissée et triste. Tout en marchant, elle ne peut s'empêcher de penser... Tous les élèves rentrent chez eux aussi. Elle ne les regarde pas mais elle les entend. Ils sont tous en train de rire et de discuter avec leurs amis. Elle ne peut s'empêcher de penser à elles... Elle ne peut s'empêcher de penser à ces souvenirs... A ses précieux souvenirs... A ses amies... A ses meilleures amies... Envahie par ce trop d'émotions, elle commença à courir. Peu importe où elle irait, peu importe si elle se perdait. Elle voulait s'éloigner le plus possible de cette école, cette école qui l'avait éloignée de toutes ses amies... de toutes ses précieuses amies. Mais plus elle courait et plus elle s'éloignait de cette école, plus ses souvenirs et ses émotions l'envahissaient. Elle se demandait à elle-même "Pourquoi je ne peux pas être auprès de mes amies? De mes précieuses amies. Emilie... Sophie... Loulou... Mindy... Flora..." Elle était déjà si loin de l'école. Si loin de tous ces élèves. Mais elle sentit qu'il fallait continuer de courir pour ne pas laisser déborder ses émotions, pour ne pas se souvenir.

    " Je n'ai pas envie de me souvenir. Je n'ai pas envie de me souvenir. Je n'ai pas envie de me souvenir." se répétait-elle.

    Malgré ses efforts pour les contenir, elle ne put s'empêcher d'y penser à chaque instant plus fort. Elle s'efforça de continuer à courir mais ne put penser à autre chose qu'à ce jour... Ce fameux jour où elle s'était enfermée dans la boutique magique pour ne pas recevoir son diplôme. Ce fameux jour où tous ses amis étaient venus pour recevoir leur diplôme avec elle. Ce fameux jour où chacun lui avait dit à quel point Dorémi avait changé leur vie. Ce fameux jour où elle devait quitter ses amies. Toutes ses amies.

    "Non! Je ne dois pas y penser! Je ne dois pas y penser! Je ne dois pas y penser!" se dit-elle à haute voix.

    Mais elle ne put s'empêcher d'y penser. L'image de Sophie apparut dans son esprit, elle était exactement pareil que ce jour-là.

    "Dorémi. Je voulais te dire... que si j'avais pas eu la chance de te connaître, je n'aurais jamais pu faire en sorte que mon papa et ma maman revivent enfin ensemble comme je l'espérais. Merci aussi pour ça."

    Elle se remémorait ce que Sophie lui avait dit ce fameux jour et ne put contenir ses larmes plus longtemps. Cependant elle ne s'arrêta pas, elle s'efforça de courir malgré ses larmes qui dégoulinaient de son visage. L'image de Loulou vint alors à son esprit.

    "Je t'en pris Loulou, ne dis rien." se dit-elle à haute voix.

    Mais c'était plus fort qu'elle.

    "Je n'ai jamais rencontré personne qui comprenne aussi bien les peines de cœur des autres. Si je n'avais pas eu la chance de te rencontrer, moi aussi, je serais sûrement devenue une jeune idole détestable. Je crois que personne n'a jamais pu mieux me comprendre que toi. J'avais créé une sorte de barrière autour de mon cœur. Je pensais ne jamais avoir besoin d'ami. Mais toi pourtant quand on s'est connu, tu as su brisé la barrière et ouvrir mon cœur aux autres. Et aujourd'hui j'en suis vraiment heureuse. Merci aussi pour ça. Tu m'as vraiment appris l'importance de l'amitié."

    Ses larmes et sa tristesse devenaient encore plus intenses. Aussi, elle venait de se souvenir de ce que lui avait dit Loulou, que l'image et les paroles de Mindy apparaissaient petit à petit dans son esprit.

    "Et dans mon cas, si je n'avais pas eu la chance que tu deviennes mon amie, je n'aurais jamais réussi à m'habituer à ce pays. Et je le sais maintenant, un jour ou l'autre, j'aurais sûrement fini par le détester... Alors moi aussi je veux te remercier. C'est grâce à toi que j'ai pu apprécier ce que je ne connaissais pas et qui me faisait si peur."

    Tout en continuant de courir, elle murmura "Ne me remercie pas Mindy". Aussitôt qu'elle eut prononcé ces mots, les paroles d'Emilie raisonnèrent dans son esprit.

    "Si tu ne veux pas participer à la remise des diplômes eh bien alors moi non plus je n'ai pas envie d'y aller! Rien ne serait plus terrible que de participer à cette cérémonie sans toi!"

    C'était trop. Beaucoup trop. Les paroles d'Emilie lui firent arrêter de courir. Tous ces souvenirs, toutes ces paroles lui créaient une profonde douleur au cœur. Dorémi était perdue entre cette immense sensation de bonheur d'avoir de telles amies et cet intense désespoir de ne plus être près d'elles... Et puis Flora... Celle qu'elle avait vu grandir, celle dont elle s'est tant occupée, telle une mère. Comment ne pas pleurer face au fait qu'elle ne la reverrait sûrement jamais. Elle se sentit coupable en quelque sorte de l'avoir abandonnée. Elle lui avait fait croire à un avenir où Flora serait avec chacune de ses mamans.

    Elle était tellement perturbée par cette confusion, qu'elle se rendit compte seulement après plusieurs minutes qu'elle était à quelques mètres de chez elle. Elle essuya ses larmes, marcha les quelques mètres qui lui restaient et rentra chez elle. 

    Papa de Dorémi: "Dorémi, tu es rentrée?"

    Aucune réponse.

    Maman de Dorémi: "Ta rentrée s'est bien passée?"

    Toujours aucune réponse.

    Dorémi enlevit ses chaussures, posa son sac et monta directement dans sa chambre en courant.

    Maman de Dorémi: "Mais enfin, qu'est-ce qu'il lui arrive?"

    Bibi: "Je pense que ses amies lui manquent beaucoup."

    [...]

    Dorémi était assise sur la chaise de son bureau, et regardait son cahier depuis une trentaine de minutes. Elle n'avait encore rien écrit. Elle pensait... Même le fait que Bibi toqua à sa porte ne la fit pas bouger.

    Bibi: "Do... Dorémi, est-ce que je peux entrer?"

    Aucune réponse. Dorémi resta dans cette position d'immobilité, les yeux rivés sur son cahier.

    Bibi était frustrée de voir sa sœur aussi triste. C'était la première fois qu'elle paraissait si triste, si renfermée sur elle-même, si éloignée des autres et de sa famille. Elle se demandait même comment s'était possible que sa sœur, cette fille qui souriait chaque jour à la vie, cette fille qui se relevait à chaque fois qu'elle tombait, cette fille qui inspirait aux autres la joie de vivre et l'espoir, pouvait être si déprimée. Comment avait-elle pu perdre tout ce qui faisait qu'elle était Dorémi?

    Bibi (en pensée): "Seul ce que j'ai dans les mains pourrait la rendre moins triste."

    Elle glissa une lettre sous la porte et dit: "C'est une lettre de Mindy."

    Ce nom fit immédiatement réagir Dorémi. Elle leva la tête et fixa la lettre que Bibi avait déposée sous sa porte.

    Bibi: "J'espère que ça te redonnera la part de bonheur que tu avais avant."

    Malgré la porte qui les séparait, Dorémi ressentit la voix sèche et les larmes qui coulaient sur les joues de Bibi. Elle l'entendit descendre les escaliers en courant.

    Dorémi: "Bibi..." murmura t-elle.

    Elle ne se rendait pas compte avant, à quel point sa mélancolie affectait ceux qui l'entouraient. Elle savait très bien ce que Bibi ressentait. C'était une sorte de mélancolie partagée avec sa sœur. Si elle se sentait mal, alors Bibi aussi. Mais Dorémi n'avait pas remarqué jusque là que Bibi ressentait de la colère. Bibi lui en voulait de ne plus être celle qu'elle était avant. Elle lui en voulait terriblement et Dorémi s'en voulait de ne pas l'avoir remarqué.

    Dorémi: "Qu'est-ce que j'ai fait?..." Elle s'agenouilla sur le sol. "Je n'ai pas envie qu'elle soit triste comme moi..." Ses yeux étaient remplis de larmes. "Mais si elle voit que je le suis, elle ne pourra s'empêcher de l'être aussi... Qu'est-ce que je peux faire?..." Ses larmes dégoulinaient sur ses joues. "Excuse-moi Bibi... ma petite sœur... Pardonne-moi de te faire souffrir comme je souffre... mais c'est plus fort que moi... je ne peux m'empêcher d'être triste..." Elle essuya ses larmes et se releva. "J'espère que tu comprendras et que tu pourras me pardonner."

    En plus de sa mélancolie, Dorémi ressentait désormais une honte. Elle avait honte de ne pas avoir vu avant que Bibi souffrait et elle avait encore plus honte de ne pas avoir eu le courage de dire tout ce qu'elle avait sur le cœur devant elle alors qu'elle était là, derrière sa porte, il y a moins de cinq minutes.


  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Août à 11:25

    J'adore ! Il est génial ce premier chapitre !

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